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22|11|2006 - Michel Kleinjans gagne la Route du Rhum en Classe 3
Arrivé avec un mat branlant. Le navigateur solitaire Michel Kleinjans est arrivé avec son Roaring Forty après 23 jours, 20 heures, 35 minutes et 29 secondes à Point à Pitre en Guadeloupe. Sa vitesse moyenne était de 6,19 noeuds. S’il n’avait pas eu de problèmes au mat, il serait arrivé 2 jours plus tôt, dit-il. Mais il ajoute tout de suite : « j’ai eu une course agréable et je m’estime heureux que le mat a tenu . Je suis surtout content d’avoir pu terminer une Transat. Cette première place est un bonus. » Sa voix est claire, peut-être une peu fatigué. Qu’est ce qui s’échappe de toi Michel ? Le stress ? l’adrénaline ? Kleinjans : « Ah, je savais d’avance que sur le plan sportif et surtout compétitif ce ne serait pas LE superchallenge. Dans la Classe 40 c’était bien plus avec le couteau entre les dents et il y avait une plus forte pression entre les concurrents. Mais je suis content d’avoir navigué en tête les 3 premiers jours, dans les bonnes conditions meteo pour mon Roaring Forty. Et qu’à l’arrivé j’ai encore pu rattrapper un Classe 40, même avec un mat cassé. Et que je suis toujours resté devant les concurrents de ma classe alors qu’Aurelia Ditton avait toutes les chances de me dépasser. Elle se trouve à 184,8 milles derrière moi. » Ce mat, c’était LE coup fatal sur la course que tu as terminé en leader en Classe 3 ? Kleinjans : « C’était un moment angoissant, lorsque j’ai découvert cette déchirure. Je n’ai jamais paniqué, mais l’idée d’être éloigné du monde habité de 1500 milles, ça ne vous rend pas joyeux. Pendant le restant de la course ce mat a été le fouettard. Surtout à la fin, après avoir eu des jours de vent portant, devoir naviguer au près. Il n’y avait pas moyen de mettre beaucoup de pression sur le gréement, mais un régatier veut enfoncer la pédale de gaz à fond. Surtout le dernier bout autour de l’ile était sadique. A l’ouest on est mis dans l’ombre du vent, du volcan. Mais une fois passé le cap sud au près au vent, tout commençait à balancer. Je tenais quand même à terminer toutes voiles dehors et ce serait bête que le mat tombe pardessus bord à ce moment là. Il a tenu, mais il était temps que ça se termine. » Est-ce que l’homme aux 2 mains gauches n’est pas étonné de ses capacités techniques ? Kleinjans : « A qui le dites vous. J’ai juste fait ce que Ronny Nollet m’a conseillé de faire. C’est d’ailleurs lui qui a mis le matériel de réparation à bord juste avant le départ. Enfin, le renforcement a tenu et j’en suis quand même fier. Le col d’epoxy que j’ai mis autour du pieds du mat a empêché que la partie supérieure ne glisse vers le bas, mais le pont n’a pas été renforcé. C’est pour ça que tout s’est un peu affaissé, et qu’à la fin le mat commençait à ballancer. Je crois même qu’il s’est mis à pencher vers l’arrière. Pour l’enlever il va falloir utiliser une scie. » Tu as perdu du poids ? Kleinjans : « Ma femme Marleen a vérifié tout de suite après l’arrivée. Je me suis certainement renforcé. Maintenant je suis en super condition. La question est de la maintenir. Ca sera difficile. » En bref : un homme heureux et un navigateur content ? Kleinjans : « Naviguer dans une autre classe aurait exigé plus d’effort de ma part. Mais ce projet s’est bien terminé. A la maison ils savent que ce navigateur d’océans n’a en fait jamais été parti. J’ai eu le temps de réfléchir à l’avenir : continuer avec ce bateau et l’optimaliser à fond. Je crois qu’à part la quille, tout doit être remplacé. Ou bien essayer de le faire approuver pour la Classe 40, ou bien un nouveau bateau, mais alors il y a de nouveau le fénomène sponsoring. Mais dans l’immédiat, champagne, un bain et un bon repos. »
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